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Les femmes DJ : chiffres, pionnières et obstacles

Par Dirty Swift · Lecture 8 min · MàJ 2026-07-03

Réponse directe

Les femmes restent minoritaires dans le DJing — environ 25 % des line-up de festivals et 10 % des artistes bookés par les plus grands clubs français, et en 2018 aucune femme n'apparaissait au classement Forbes des DJs les mieux payés. Pourtant elles ont façonné la culture dès l'origine : Régine a inventé la discothèque moderne, et en 2020 Charlotte de Witte est devenue la première femme n°1 du classement « Alternative » de DJ Mag. Le déséquilibre tient à un métier technique longtemps codé masculin, à l'image publique des femmes DJ, à une nuit dirigée par des hommes et aux violences sexistes — que des collectifs et des espaces plus sûrs combattent aujourd'hui.

Les chiffres, sans détour

Commençons par la réalité mesurée, telle que la documente Culture DJ :

IndicateurChiffre
Femmes DJ dans les line-up de festivals (aujourd'hui)~25 %
Femmes DJ bookées par les plus grands clubs français~10 %
Femmes parmi les artistes de festivals (2014)10 %
Femmes au classement Forbes des DJs les mieux payés (2018)0

Un chiffre résume tout : en 2018, aucune femme ne figurait au classement Forbes des DJs les mieux payés du monde. La part progresse — « lentement mais sûrement » depuis la fin des années 1990 — mais le déséquilibre reste massif, et il n'a rien à voir avec le talent.

D'où vient le déséquilibre

Le livre identifie quatre causes qui se renforcent l'une l'autre :

  1. Un métier technique codé masculin. Comme certaines filières scientifiques, le DJing a longtemps été « boudé » par les femmes, sur fond de cliché tenace des hommes « naturellement » plus doués pour la technique.
  2. Une image publique réductrice. Les femmes du milieu ont longtemps été ramenées au rôle de manageuse, de compagne de DJ ou de groupie — rarement d'artiste.
  3. Une nuit dirigée par des hommes. Programmateurs, patrons de clubs, bookers : l'industrie qui décide qui joue est majoritairement masculine.
  4. Les violences sexistes et sexuelles, exacerbées dans le monde de la nuit — d'où la nécessité, aujourd'hui affirmée, de créer des espaces sûrs.

Les pionnières

Le DJing n'a pas attendu pour être façonné par des femmes — encore faut-il les nommer.

Côté musiques urbaines, des DJ comme Lady Style ont ouvert la voie sur les plus grandes scènes hip-hop et R&B françaises.

Ce qui change

La bascule est en cours, portée par le terrain plus que par les institutions. Des collectifs se mobilisent pour promouvoir les femmes sur la scène électronique et sécuriser les nuits ; des associations forment le personnel des clubs à la prévention des violences sexistes et sexuelles. L'idée d'un espace sûr — où une femme peut jouer, et sortir, sans avoir à composer avec le harcèlement — n'est plus une revendication marginale mais une condition de l'ouverture du métier.

Le geste le plus simple reste le plus efficace : rendre les pionnières visibles. On ne devient pas ce qu'on n'a jamais vu — c'est vrai en cabine comme ailleurs. Si cette histoire te donne envie de t'y mettre, la porte d'entrée est comment devenir DJ, et elle est la même pour toutes et tous.

FAQ — Questions fréquentes
Q.01Y a-t-il beaucoup de femmes DJ ?
Elles restent minoritaires : environ 25 % des line-up de festivals et seulement 10 % des artistes bookés par les plus grands clubs français (chiffres cités dans Culture DJ). En 2014, elles ne représentaient que 10 % des artistes de festivals ; la part progresse lentement mais sûrement depuis la fin des années 1990.
Q.02Qui sont les pionnières du DJing ?
Régine, qui a inventé la discothèque moderne, peut être considérée comme l'une des toutes premières DJ. Côté électronique, des figures comme Sextoy, Miss Kittin, Chloé, Jennifer Cardini et Elisa do Brasil ont marqué la scène française, et Charlotte de Witte s'est imposée au sommet mondial de la techno.
Q.03Pourquoi y a-t-il si peu de femmes DJ ?
Quatre causes se combinent, selon Culture DJ : un métier très technique longtemps « boudé » comme certaines filières scientifiques ; une image publique qui réduit les femmes au rôle de compagne ou de groupie ; une industrie de la nuit contrôlée par des hommes ; et les violences sexistes et sexuelles exacerbées dans le monde de la nuit, d'où le besoin d'espaces sûrs.
Q.04Qui est la première femme n°1 du classement DJ Mag ?
Charlotte de Witte, en 2020 : elle est devenue la première femme en tête du classement « Alternative » de DJ Mag, détrônant Carl Cox. À ses débuts, elle avait choisi un pseudonyme neutre pour éviter les préjugés — avant de jouer sous son vrai nom.
Q.05Régine était-elle vraiment une DJ ?
Dans l'esprit, oui : au Whisky à Gogo à Paris, elle a remplacé le juke-box par un double tourne-disque qu'elle contrôlait elle-même, inventant la discothèque moderne. Le livre la présente comme l'une des premières DJ, dans un univers où le machisme était la norme.

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