Ce lexique est adapté du glossaire « Terminologie-DJ » de Culture DJ (Larousse, 2023), complété par les termes techniques des autres chapitres du livre. Il sert de référence à tous les cours de l'Academy.
Le matériel
- Anti-skating — Système mécanique qui compense la force tirant le bras de lecture vers le centre du disque. Sans lui, le stylet appuie trop sur la paroi interne du sillon : son dégradé, disque et diamant usés prématurément.
- Cellule — La pièce montée au bout du bras de la platine qui traduit les sillons du disque en signal électrique, via son aiguille (le « stylet » ou « diamant »). C'est un consommable — et la référence historique des DJs, la Shure M44-7, n'est plus produite depuis 2018.
- Crossfader — Le curseur horizontal en bas de la table de mixage qui fait passer le son d'une voie à l'autre : à gauche, canal gauche seul ; à droite, canal droit seul ; au milieu, les deux. En hip-hop, son usage est rythmique — coupes rapides, scratch — et sa courbe de réponse se règle sur les battle mixers.
- Fader — Le curseur linéaire vertical qui règle le volume d'une voie. Un par canal.
- Feutrine (slipmat) — Le disque de tissu glissé entre le vinyle et le plateau, qui réduit la friction et laisse le disque libre sous la main — indispensable au scratch. Les pionniers du Bronx la fabriquaient dans des rideaux découpés ou des sacs plastiques, avant que l'industrie n'en fasse un produit.
- Jog wheel — Le plateau tactile des lecteurs CDJ et des contrôleurs, qui simule la manipulation d'un vinyle. Introduit par la Pioneer CDJ-500 en 1994.
- Pitch — Le réglage de la vitesse de lecture (classiquement ±8 %), présent sur toutes les platines DJ depuis les années 1970. C'est l'outil du beatmatching. Le key lock (ou master tempo) permet aujourd'hui de changer le tempo sans changer la hauteur des voix.
- DVS (Digital Vinyl System) — Système qui pilote des fichiers numériques depuis de vrais vinyles ou CD pressés avec un signal de contrôle (le timecode). Inauguré par Final Scratch (2001-2002), démocratisé par Serato Scratch Live (2004).
Le geste et le mix
- Beatmatching — Aligner les tempos de deux morceaux pour les synchroniser parfaitement avant la transition. La compétence numéro un du DJ — cours complet ici.
- BPM (battements par minute) — La mesure du tempo. Repères : techno autour de 120-130 BPM, drum and bass autour de 160-180.
- Cue point — Marqueur posé à un endroit précis d'un morceau pour y démarrer la lecture instantanément (premier kick, refrain…).
- Needle drop — L'ancêtre du cue point : poser l'aiguille exactement au bon endroit du vinyle, à la main. Une invention de Grand Wizzard Theodore.
- Cutting — Transition franche d'un morceau à l'autre au crossfader. Facile en apparence : un cut mal placé brise le rythme et l'énergie de la salle.
- EQing — L'usage des égaliseurs (basses, médiums, aigus) de chaque voie pour faire coexister deux morceaux — typiquement échanger les basses de l'un contre celles de l'autre au moment de la transition.
- Loop — Une section de morceau répétée en continu (1, 2, 4, 8 mesures…). À l'ère du vinyle, il fallait deux copies du même disque — c'est le geste fondateur de Kool Herc ; aujourd'hui, un bouton suffit.
- Scratch — Créer des effets sonores en manipulant le disque sous l'aiguille, généralement combiné au crossfader. Inventé par Grand Wizzard Theodore en 1975. Ses techniques portent des noms précis : baby, forward, backward, chirp, transform, flare, crab…
- Beat juggling — Créer un nouveau rythme à partir de deux disques identiques. Inventé par Steve Dee au début des années 1990. À distinguer du passe-passe (trick mixing) : alterner en continu entre deux disques.
- Harmonic mixing (mix harmonique) — Enchaîner des morceaux de tonalités compatibles, repérées sur la roue de Camelot (1A à 12B), pour des transitions plus musicales.
Les disques et les formats
- Bootleg — Version non autorisée d'un morceau, d'un album ou d'une performance, distribuée sans l'accord des ayants droit.
- Dubplate — Version unique et exclusive d'un morceau, souvent gravée pour un DJ précis — héritage direct de la culture sound system jamaïcaine, où les versions portaient le nom du DJ.
- Edit — Modification légère d'un morceau pour faciliter le mix : intro ou outro rallongée, break ajouté, structure resserrée.
- Remix — Nouvelle version d'un morceau, généralement construite à partir des a cappella, pouvant changer complètement de style.
- Mashup — Fusion de deux morceaux ou plus en un seul — typiquement un a cappella posé sur l'instrumental d'un autre titre, à tempo et tonalité compatibles.
- White label — Vinyle pressé sans étiquette officielle, historiquement pour la promo des nouveautés.
- Disque de scratch (DJ tool) — Disque compilant sons, phrases et beats conçus pour le scratch — les « munitions » du turntablist. Certains sont « skipless » : si l'aiguille saute, elle retombe sur le même son.
La performance
- Set — La performance d'un DJ : une sélection de morceaux mixés en continu, de quelques minutes (festival) à plusieurs heures (marathon).
- Drop — Le moment où la tension du build-up se libère et où le rythme principal revient, à intensité maximale.
- Tempo — La vitesse d'un morceau, exprimée en BPM ; le DJ la module au pitch pour synchroniser ses morceaux.
- Rewind (pull up) — Technique héritée du dancehall jamaïcain : arrêter brutalement un morceau qui vient d'enflammer la salle et le relancer du début — une décharge d'énergie collective.
- Turntablism — L'art de transformer platines et table de mixage en instruments de musique. Le terme a été forgé par DJ Babu au milieu des années 1990.
- Portablism — Le turntablism nomade, sur platines portables — née de l'envie de scratcher partout, quand un setup complet pèse plus de trente kilos.
Pour voir ces termes en action, commence par le beatmatching et le choix du matériel.